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Compte rendu de "Normes, déviances, insertions" dans "L'Année sociologique", p. 517-522

La volonté des organisateurs du colloque qui s’est déroulé le 18 décembre 2006 à l’Université de Cádiz, en Espagne, dans le cadre du programme ESSE ( « pour un Espace des sciences sociales européen » ), programme qui encourage une circulation internationale des idées scientifiques, était de mettre en perspective et en discussion divers travaux sociologiques empiriques sur la « déviance ». Si l’ouvrage qui en est issu comporte une introduction qui autorise ses auteurs à présenter l’ordonnancement du livre et en faire émerger une structure cohérente, l’absence de conclusion ne leur permet pas de synthétiser les enseignements centraux des dix contributions qui en constituent le cœur. L’objet général de l’ouvrage est d’étudier la manière dont se cristallisent des normes sociales et dont se tracent, sur des scènes sociales diverses, les frontières entre le « normal » et le « déviant ». Pour ce faire, les contributions prennent essentiellement deux directions. La première direction est d’observer les processus de mise en forme (politique, juridique, scientifique, etc.) des normes sociales et des déviances auxquelles leur transgression donne lieu. Deux types de mises en forme sont étudiés dans cet ouvrage. D’une part, la mise en forme qui s’opère selon une partition du tolérable et de l’intolérable, et il s’agit alors d’une mise en forme politique des normes sociales (c’est l’objet du chapitre I de l’ouvrage). D’autre part, celle qui s’opère selon une partition du vrai et du faux, et il s’agit alors d’une mise en forme scientifique des normes sociales (c’est l’objet du chapitre II de l’ouvrage). La deuxième direction est d’observer les processus d’intériorisation des normes sociales, en analysant les effets de divers dispositifs d’insertion appréhendés comme des dispositifs de « normalisation » (c’est l’objet du chapitre III de l’ouvrage).
L’une des méthodes utilisées pour traiter de la mise en forme des normes sociales vise à rendre compte des controverses sur le caractère déviant, ou non, d’un comportement ou d’une pratique singuliers. Il s’agit, en listant les acteurs engagés dans la controverse, en relevant les argumentaires déployés, en identifiant les stratégies rhétoriques et les répertoires d’action utilisés, de repérer diverses formes de « mise en problème » ou, pour reprendre l’expression de Michel Foucault, de « problématisation ». Quatre contributions, dans l’ouvrage, relèvent en partie de ce type de démarche. Gérard Mauger revient ainsi sur les réactions qu’ont suscitées, dans l’espace public, les « émeutes de novembre 2005 ». Il montre que la controverse a essentiellement porté sur le caractère politique, ou non, de ces « émeutes ». Aux entreprises de disqualification politique qui rejetaient, au nom d’arguments juridiques, moraux, voire raciaux, les pratiques émeutières hors de la normalité politique, les émeutes n’étant alors que le fait de « voyous » ou de « délinquants », répondaient des entreprises de requalification politique qui s’efforçaient de « requalifier l’événement, les pratiques des émeutiers et leur “cause” ( “révolte du précariat”, “révolte des ghettos” ou “révolte des minorités visibles” ) » (p. 22). Marta Roca i Escoda, pour sa part, analyse la manière dont, en Suisse, les débats publics qui ont suivi la découverte du virus du Sida, dans les années 1980, ont permis une requalification politique de l’homosexualité. En rendant visible les phénomènes de stigmatisation et de ségrégation que subissent les malades du Sida, ces débats ont « conduit les personnes engagées dans la lutte contre le Sida à reproblématiser la question de la marginalisation et des discriminations à l’encontre des minorités appréhendées comme déviantes dans un passé proche » (p. 52). Sur une scène plus localisée du débat public, Emmanuel Soutrenon ne fait pas non plus autre chose que de rendre compte d’une « mise en problème » singulière quand il analyse les débats parlementaires qui ont eu lieu, à la fin des années 1980, sur une éventuelle dépénalisation des actes de vagabondage et de mendicité. Il analyse le soubassement éthico-moral des qualifications politiques de ce type spécifique de déviance, qualifications qui reposent sur des argumentaires en définitive plus complexes que l’apparente opposition entre les tenants du « répressif » et les adeptes du « social ». Si l’on quitte le terrain des codages politiques (chap. I) pour rejoindre celui des codages scientifiques (chap. II) de la déviance, la même démarche est adoptée par Francisco Vasquez Garcia dans son étude sur la réception et la diffusion du concept d’homosexualité en Espagne à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. En analysant un corpus de références savantes entre 1850 et 1936, il revient sur les analyses classiques de Michel Foucault qui montrait l’émergence, dans le dernier tiers du XIXe siècle, d’une figure psychiatrique de l’homosexuel, appelée à se substituer à la figure théologico-morale du sodomite. Vasquez Garcia montre que c’est en réalité une « coexistence de catégories profondément ambiguës » (p. 116) qui a eu cours à cette période. L’argument est à la fois épistémique, puisque c’est la « cohabitation instable » entre anciennes et nouvelles taxinomies qui est affirmée, et réaliste, puisqu’il s’agit de « rendre intelligible le fait qu’un même agent social (un psychiatre par exemple) peut proférer des discours très différents selon l’auditoire de référence (revue spécialisée, brochure de vulgarisation, leçon professorale, conférence pour un public profane, intervention médiatique) tout en combinant de façon variable le langage issu d’une matrice théologico-morale et le langage technique de la psychiatrie spécialisée » (p. 118).
Cependant, cette démarche qui vise à rendre compte des débats (moraux, politiques, scientifiques) qui participent d’une « mise en problème » d’objets empiriques divers, n’en oublie pas les acteurs sur lesquels porte la controverse. Ils peuvent notamment se constituer en sujet collectif et avoir leur mot à dire. Cela apparaît dans l’article de Marta Roca i Escoda, à propos du « mouvement homosexuel », qui a travaillé ses revendications à partir de la reproblématisation de l’expérience homosexuelle qui a suivi, en Suisse, la découverte du virus du Sida. Comme le souligne Gérard Mauger à propos des controverses autour des émeutes de novembre 2005, il importe donc « de s’interroger sur les incidences de ces représentations sur le fait social étudié » (p. 15). Ainsi, il explique que les « entreprises de politisation peuvent s’ancrer dans une condition sociale partagée par les émeutiers, susceptible de fonder “une cause” » (p. 36). Pour étudier les conditions de possibilité de cet « ancrage », ou de cette intériorisation, l’auteur revient sur la réalisation d’études sociologiques, notamment par Marwad Mohammed, « auprès des émeutiers » (p. 31). Alors, les sociologues constatent deux choses. D’une part, que « l’investissement délinquant ou l’appartenance au monde des bandes n’excluent pas l’indignation à l’égard du racisme et des violences policières » (p. 32). D’autre part, que la dotation en capital culturel est la variable discriminante pour la construction d’une justification politique des pratiques émeutières, par les émeutiers eux-mêmes. Les normes sont donc l’objet, en même temps qu’elles en sont le produit, d’usages et d’interprétations diverses par les acteurs qui sont censés s’en écarter. Francisco Vasquez Garcia montre ainsi que les discours des homosexuels eux-mêmes, au début du XXe siècle, « restaient habituellement méfiants par rapport aux intentions pathologisantes de la médecine, et avaient recours à l’humour et à l’ironie » (p. 121). Il propose alors de « remplacer l’image simple et unidirectionnelle de la subordination et de l’intériorisation par le cadre complexe de la lutte et du bricolage créatif » (p. 121). D’où l’usage d’une deuxième méthode, utilisée dans deux contributions, pour analyser la mise en forme des normes sociales : le compte rendu des interactions entre des « entrepreneurs de morale » et les individus étiquetés comme déviants. La sociologie des carrières déviantes inspirée, parmi d’autres, par l’École de Chicago, est alors particulièrement mobilisée. Samuel Lézé analyse le codage psychanalytique de ce qu’il nomme, à la suite de Peggy Thoits, une « déviance émotionnelle » (p. 72). Il revient sur les « phases saillantes de la carrière morale » (p. 76) d’individus confrontés à des « troubles personnels », pour comprendre ce qui pousse certains individus à accepter les interprétations qu’offre le psychanalyste de leurs problèmes personnels, dans le cadre d’une conversation qui se transforme alors en « consultation ». « La parole efficace [relevant] avant tout d’une personne autorisée » (p. 81), c’est dans la reconnaissance de l’autorité morale du psychanalyste que l’auteur cherche les fondements de cette acceptation. Il montre que c’est non seulement la reconnaissance d’un ascendant du psychanalyste comme « expert », mais également « l’autorité charismatique » du psychanalyste qui créent, pour les patients, une confiance dans la « singularité » de « leur » psychanalyste : c’est par ses propriétés physiques et par la pertinence momentanée de ses actes de parole, autrement dit son éloquence, que le psychanalyste fait corps avec la psychanalyse et crée les conditions de possibilité d’une intériorisation des frontières de la « déviance émotionnelle ». Stanislas Morel, quant à lui, analyse les conditions de possibilité d’une interprétation psychologique des difficultés scolaires de certains enfants dont le comportement est appréhendé comme une « déviance scolaire ». Il montre qu’une part essentielle du travail des psychologues scolaires est de convaincre les acteurs, notamment les parents de l’enfant en difficulté, de la nécessité d’une prise en charge psychologique de l’enfant concerné. L’auteur analyse les conditions de possibilité de cette mise en forme psychologique de la « déviance scolaire ». Tout d’abord pour les parents, qui subordonnent leur accord à une aide médico-psychologique « à la condition que les activités thérapeutiques servent directement à l’amélioration des résultats scolaires de leur(s) enfant(s) » (p. 88). Mais également pour les psychanalystes travaillant dans les centres destinés à accueillir ces enfants en difficulté (les Centres médico-psycho-pédagogiques, CMPP), qui opèrent, au contraire, une mise à distance des problèmes scolaires, pour faire émerger une sorte de pureté psychique extraterritoriale. Est donc ici retracé le rôle des différents acteurs qui, des enseignants aux psychanalystes de CMPP, en passant par les psychologues scolaires et les parents, participent à la construction négociée d’une « carrière déviante » dans le cadre scolaire.
Dans la continuité de ces études qui abordent la mise en forme des normes par le biais des « carrières déviantes », les quatre dernières contributions s’intéressent, en intégrant des éléments de la sociologie bourdieusienne, aux conditions sociales d’une « sortie » de la carrière déviante, en analysant, sur des terrains divers, des dispositifs d’insertion qui sont appréhendés comme des dispositifs de « normalisation ». À travers le sens que les acteurs donnent aux normes sociales, c’est une part essentielle de leur construction qui est abordée. Isabelle Coutant décrit le travail de conversion « d’habitus déviants en habitus conformes » (p. 128), à partir d’un dispositif d’insertion de jeunes délinquants dans le monde professionnel de l’animation. Insistant sur le « sens de l’honneur » de la « culture de rue », elle montre que l’adhésion à la proposition de conversion, que proposent les éducateurs aux délinquants, suppose qu’elle offre à ces derniers du « capital symbolique ». Les éducateurs, favorisant les normes d’acculturation, sont alors les médiateurs entre le « monde de la rue » et le « monde de l’animation ». Ils doivent proposer un « récit de soi » plus acceptable pour les délinquants, qui renforcent leur croyance dans la conversion et la rupture avec leur passé déviant. Si, par conséquent, c’est l’autorité morale des éducateurs qui est mise à l’épreuve, Isabelle Coutant montre que cette croyance dépend aussi « des chances objectives d’insertion, c’est-à-dire dans un premier temps des ressources scolaires, familiales et sociales mobilisables, puis, dans un second temps, des perspectives sur le marché du travail » (p. 142). Murielle Darmon, quant à elle, présente l’analyse sociologique de groupes commerciaux d’amaigrissement (les Weight Watchers, WW), qui proposent un régime spécifique consistant en « un contrôle des calories et des lipides ingérés qui se fait par l’intermédiaire de la gestion d’un total journalier de “points” » (p. 153). Elle montre que c’est un « travail sur les dispositions » qui y est opéré. Mettant en parallèle cette étude avec ses anciennes enquêtes sur les « carrières anorexiques », elle rend compte de la production, dans ces WW, d’une sorte de « sens pratique anorexique », comme opération de mise à distance des usages populaires (ou définis comme « vulgaires ») du corps. Plus généralement, ces WW sont une « industrie de conversion des habitus populaires » : les contours de la « bonne ménagère de classe moyenne », qui propose un « bon repas » le soir à son mari, y sont en effet tracés et actualisés. C’est sur un tout autre terrain, celui de la prison et de l’expérience carcérale des usagers de drogues incarcérés, que Fabrice Fernandez revient sur cette thématique des conditions sociales d’une intériorisation des normes sociales. Se proposant de relativiser la notion d’ « expérience totale » de Goffman, il tente de mettre en rapport l’adhésion des prisonniers aux normes, formelles ou non, de l’institution carcérale, avec la densité et la permanence des liens sociaux que ces prisonniers conservent à l’extérieur. C’est ce que l’auteur nomme un « double travail d’ajustement » que lesdits prisonniers doivent accomplir, non seulement avec le monde de la prison, mais également avec le monde extérieur (conserver ou non des liens extérieurs). Réalisant une typologie des formes de double ajustement, en croisant « les types de participation ou de refus à la logique du monde pénitentiaire avec les logiques de maintien ou de rupture avec les liens extra-carcéraux » (p. 173), il montre que ces doubles ajustements « sont déterminés par d’autres facteurs que le simple délit : la durée de la peine, le capital économique, culturel, social, relationnel, le degré de dépendance à la drogue, l’expérience du monde carcéral et l’articulation avec le monde extérieur, les liens sociaux et familiaux maintenus ou non à l’extérieur » (p. 174). Enfin, José Luis Moreno Pestaña revient sur les différents types de gestion des troubles alimentaires selon l’origine sociale des « déviants » et de leur famille. En étudiant la « succession de phases au terme desquelles une personne devient un patient affecté d’un trouble alimentaire » (p. 191), il montre que le poids de l’origine sociale intervient à différentes étapes de la « carrière » de la personne en question : la gestion profane du trouble et sa mise en forme médicale ; le choix d’un lieu de soin et/ou de thérapie, car certaines filières privées sont chères et difficiles d’accès ; et enfin, l’alternative entre « sortir » du trouble ou le réinterpréter positivement. L’auteur montre alors que la « sortie » du trouble implique de renoncer aux pratiques d’autocontrôle corporel, qui fonctionnent pourtant comme un « laissez-passer social » sur nombre de marchés corporels où la minceur est un capital valorisé : la jeunesse, le milieu familial, le marché des emplois fondés sur un contact avec le public, et enfin les relations de couple. Cette « sortie » est la voie privilégiée par les personnes peu dotées en capitaux, économiques et culturels. Au contraire, dans les classes aisées où l’autocontrôle corporel est une condition de réussite sociale (tant d’un point de vue matériel que symbolique), est préféré un travail de réinterprétation positive du trouble qui doit se négocier avec les différents professionnels qui, du psychiatre au nutritionniste, en passant par le psychologue, l’homéopathe et l’endocrinologue, forment un marché des définitions des troubles alimentaires. Or l’accès à une offre thérapeutique suffisamment diverse pour permettre ce travail de réinterprétation négociée du trouble est lui-même dépendant de la dotation en capitaux culturel et économique. Son objet, conclut l’auteur, tend alors à le faire dévier d’une sociologie de la maladie mentale à une « sociologie de la vie quotidienne de fractions des classes moyennes dominantes et des personnes qui, avec une bonne volonté corporelle, aspirent à l’idéal d’excellence [corporelle] ». Une telle sociologie montrerait, selon lui, « les coûts, parfois terribles, qu’entraîne une telle expérience de la domination – ou l’aspiration à l’exercer » (p. 213).
Au total, c’est l’unité dans la diversité qui prime dans cet ouvrage. Diversité théorique, puisque de l’approche généalogique de Michel Foucault à la sociologie des carrières déviantes inspirée, parmi d’autres, par l’École de Chicago, en passant par les outils de la sociologie de Pierre Bourdieu, c’est nombre d’auteurs, que la sociologie n’a pas l’habitude de mobiliser ensemble, qui sont réunis dans cet ouvrage. Diversité empirique, puisque les dix contributions nous entraînent sur des objets divers, de la sociologie des classes populaires à la sociologie de la santé mentale, en passant par la sociologie de la prison et la sociologie de l’action publique, cela dans des pays divers, en France, en Suisse et en Espagne. Mais unité épistémique, car cet ouvrage – fidèle aux prescriptions durkheimiennes selon lesquelles le crime (Durkheim n’utilise pas alors la notion de « déviance ») est un indicateur de la conscience collective et des systèmes normatifs propres à un groupe donné – offre une réflexion intégrée sur la construction des normes sociales, appréhendées, de leur mise en forme spécifique aux conditions de leur intériorisation, comme des manières de faire, de penser et d’agir.
Nicolas SALLEE
Allocataire de recherche à l’IDHE, Paris X - Nanterre
nicolas. sallee@ gmail. com

Comentarios

Anónimo ha dicho que…
Bonjour,

je précise que mon email est nicolas.sallee@gmail.com

Merci,
Nicolas Sallée.
Colectivo ha dicho que…
Merci beaucoup, Nicolas ! Je corrige...

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